Histoire de l’or dans les civilisations humaines

L’or accompagne l’humanité depuis qu’elle a appris à reconnaître, extraire et travailler les métaux. Sa particularité, c’est d’avoir été presque partout à la fois matière sacrée, signe de pouvoir, réserve de valeur et objet d’art — et cela sur des millénaires, bien avant qu’il ne devienne “un actif financier”.

1) Pourquoi l’or a fasciné si tôt

L’or cumule des propriétés rares :

  • il brille sans rouiller (il s’oxyde très peu) ;
  • il est malléable (on le façonne sans technologies complexes) ;
  • il est rare mais pas introuvable (donc assez précieux pour symboliser, assez accessible pour circuler) ;
  • il se trouve parfois à l’état natif (pépites), ce qui le rend “compréhensible” avant même la métallurgie avancée.

Résultat : très tôt, l’or est perçu comme un métal “hors du monde”, lié au soleil, à l’éternité, aux dieux, aux rois.

2) Les premiers usages : parure, rituel, prestige

Avant d’être monnaie, l’or est d’abord :

  • un ornement (bijoux, couronnes, diadèmes) ;
  • un objet rituel (offrandes, masques, reliquaires) ;
  • un marqueur politique (insignes de pouvoir, cadeaux diplomatiques).

On le retrouve très tôt dans des contextes funéraires : être enterré avec de l’or, c’est “emporter du prestige” dans l’au-delà, ou afficher le rang du défunt auprès des vivants.

3) L’Égypte et le Proche-Orient : l’or comme matière divine

Dans l’Égypte pharaonique, l’or est associé au soleil et à l’immortalité. Il sert à :

  • magnifier le culte (temples, statues, ornements) ;
  • affirmer le pouvoir royal (trésors, parures, objets funéraires).

Dans le Proche-Orient, on voit se développer des formes de richesse mesurée : on pèse des métaux (dont l’or) et on les utilise dans les échanges de haut niveau, surtout pour les élites et le commerce à longue distance.

Que la beauté de l’or, ce métal précieux, éblouit doucement les esprits et les yeux ! Jean de Rotrou

4) La révolution monétaire : la pièce d’or change tout

Le basculement majeur, c’est quand l’or devient monnaie standardisée :

  • Une pièce, c’est un poids et une pureté garantis par une autorité.
  • Cela réduit l’incertitude et facilite commerce, impôts, soldes militaires.

Dans l’Antiquité, la pièce d’or devient un outil de puissance :

  • financer des armées,
  • payer des administrations,
  • structurer des empires.

Mais elle est aussi un symbole : l’effigie frappée sur la monnaie raconte qui commande.

5) Rome et l’Europe médiévale : prestige, foi, et pouvoir

Rome fait circuler l’or à grande échelle (monnaie et trésors), puis l’Europe médiévale alterne phases de pénurie et de retour :

  • L’or reste le métal du haut pouvoir (cours royales, diplomatie).
  • L’Église l’utilise pour le sacré (orfèvrerie religieuse).
  • Les échanges internationaux réinstallent progressivement l’or comme référence.

La “valeur” de l’or n’est pas seulement économique : elle est politique (qui frappe, qui contrôle) et morale (l’or attire aussi méfiance et condamnation de l’avidité dans de nombreux discours religieux).

6) Les grandes découvertes : l’or devient moteur de conquêtes

À partir de l’époque moderne, l’or prend une dimension globale :

  • Les conquêtes et la colonisation s’accompagnent d’une course aux métaux précieux.
  • L’or alimente des circuits planétaires : extraction, transport, monnayage, financement des États.

C’est aussi l’époque où l’or devient un carburant de la finance d’État : dettes, guerres, grands projets. L’or n’est plus seulement un trésor : il devient système.

7) Le XIXe siècle : ruées vers l’or et modernité

Les ruées vers l’or (Amériques, Australie, Afrique du Sud…) marquent l’imaginaire :

  • L’or attire des migrations massives, des villes surgissent, des fortunes se font et se défont.
  • L’extraction se mécanise : l’or bascule du monde artisanal vers l’industrie.

Dans le même temps, de nombreux pays structurent leur monnaie autour de l’or : c’est l’âge des grands systèmes monétaires adossés au métal.

8) Le XXe siècle : l’or, de l’étalon à la réserve

Au XXe siècle, l’or passe d’une monnaie “qui circule” à une réserve :

  • Les États et banques centrales conservent de l’or pour crédibiliser la monnaie.
  • Les crises, guerres et dévaluations renforcent l’idée que l’or est un “refuge”.

À mesure que les monnaies deviennent principalement fiduciaires (basées sur la confiance), l’or devient moins un moyen de paiement qu’un symbole de stabilité.

9) Aujourd’hui : l’or entre héritage culturel et actif stratégique

Dans le monde contemporain, l’or a plusieurs vies en parallèle :

  • culturelle : bijoux, rites, mariages, héritage familial ;
  • économique : protection contre certains risques (inflation, crises, instabilité) ;
  • géopolitique : actif détenu par les banques centrales, outil de crédibilité ;
  • technologique : usage dans l’électronique, certains secteurs de précision (à côté de son rôle de réserve de valeur).

10) Le fil rouge : ce que l’or dit des sociétés

Si l’on résume, l’or a accompagné trois besoins humains constants :

  1. Montrer (statut, pouvoir, sacré)
  2. Échanger (monnaie, commerce, impôts)
  3. Se rassurer (réserve, permanence, “valeur qui reste”)

C’est cette triple fonction — symbole, monnaie, refuge — qui explique pourquoi l’or traverse les civilisations, même quand leurs religions, leurs institutions et leurs monnaies changent.

Un article proposé par https://gs-fils.ch/achat-or/geneve/

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